Sandales Ii Badgley Mischka Rouge femme Mischka Compensées Ii Rouge Compensées Badgley Sandales RaC6qZ Revues Revue Numéro Article

2010/2 (Vol. 12)

  • Pages : 128
  • ISBN : 9782743013257
  • Éditeur : Lavoisier

ALERTES EMAIL - REVUE Géographie, économie, société

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Chaque année, les territoires (pays, régions) sont évalués à plusieurs titres par divers bureaux de consulting ou organisations internationales. Parmi d’autres thèmes, les expertises peuvent concerner l’attractivité ou le développement durable. Ainsi, des organisations telles que le Forum économique mondial, AT Kearney, l’ONU (Organisation des Nations Unies) ou encore l’IMD (International Institute for Management Development), entre autres, s’attachent à classer les pays selon leur niveau d’attractivité vis-à-vis des entreprises, c’est-à-dire leur « capacité à fournir, grâce à leurs ressources, des conditions d’implantations plus intéressantes que celles des territoires concurrents pour les projets mobiles » (Hatem, 2004a). Ces mêmes organismes, par exemple l’OCDE (Organisation de Coopération et de Développement Economique), ou d’autres, différents, tels que le WWF (World Wildlife Fund), ainsi que des chercheurs indépendants, comparent les territoires sous un autre angle : celui du développement durable. Ils évaluent alors leur capacité à faire face aux besoins des générations présentes sans compromettre ceux des générations futures (Brundtland, 1987). Si les deux concepts, attractivité et développement durable paraissent très différents à première vue, ils constituent pourtant deux notions inhérentes à la vie et au dynamisme d’un territoire. En effet, la compétition que se livrent les territoires pour attirer le plus d’investissements possible s’est traduit ces dernières décennies par une course au « moins-disant » : le moins-disant fiscal, le moins-disant social ou encore le moins-disant environnemental. Ce jeu non-coopératif est par essence-même et à travers ses conséquences en totale opposition avec une politique de développement durable. Celle-ci se traduirait, au contraire, non pas par une concurrence exacerbée des territoires mais par la prise en compte par chaque territoire des conséquences de ses actes sur le reste du monde : cela est particulièrement vrai en matière de pollution atmosphérique. Dans un contexte classique de théorie des jeux, la coopération permettrait alors de stopper la course à la déréglementation, et, dès lors, de ne plus opposer les soutenabilités sociale et environnementale à une attractivité élevée. Au-delà de cette notion de soutenabilité, l’association du développement durable à l’attractivité permettrait la construction d’une attractivité durable, au sens premier et littéral du terme. En effet, si une attractivité classique basée sur une compétitivité-prix semble être efficace à court-terme, une attractivité long-terme, ou durable, se baserait plus sur des critères de performances hors-prix, tels que la qualité de la main d’œuvre, l’environnement des affaires, les infrastructures modernes ou encore la culture de l’innovation. L’attractivité durable permettrait alors au territoire de non seulement préserver les investissements acquis mais également de s’assurer d’une attractivité pérenne grâce aux activités innovantes déjà installées et au dynamisme qu’elles créent, aidées par l’environnement des affaires adapté. On se situe alors bien dans le prolongement du rapport Bruntland (1987) qui définissait le développement durable comme « un processus de transformation dans lequel l’exploitation des ressources, la direction des investissements, l’orientation des techniques et les changements institutionnels se font de manière harmonieuse et renforcent le potentiel présent et à venir permettant de mieux répondre aux besoins et aspirations de l’humanité ». Notre démarche s’inscrit également parfaitement dans les réflexions menées par la Commission Stiglitz [1][1] Commission sur la Mesure de la Performance Economique... (2009). En effet, cette dernière estime que le système statistique « doit davantage mettre l’accent sur la mesure du bien-être de la population que sur celle de la production économique, et qu’il convient de surcroît que ces mesures du bien-être soient resituées dans un contexte de soutenabilité ». De la même manière, la mesure de l’attractivité doit prendre en compte la qualité de vie de la population locale, son bien-être, et évaluer le bon état de l’environnement. Il ne s’agit donc pas ici de traiter les problèmes environnementaux et sociaux comme des effets externes à l’économie et à l’attractivité, mais bien comme parties d’un tout que constituerait l’attractivité durable.

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Conformément à notre premier constat, et cela sera exposé plus longuement dans le corps de l’article afin de démontrer l’intérêt de l’émergence de la notion d’attractivité durable, ce qui constitue la première interrogation essentielle de cet article, les classements issus des indicateurs en termes de développement durable et en termes d’attractivité indiquent des résultats opposés : un bon score en matière d’attractivité correspond de manière générale à un mauvais classement en termes de développement durable, et inversement. Or, si l’on doit aujourd’hui réfléchir en termes d’attractivité durable, c’est maintenant la performance des territoires en cette matière qu’il faut mesurer : il est nécessaire de construire un indicateur d’attractivité durable. Le décideur public ne doit plus dissocier les performances sociales et environnementales et l’efficacité économique, mais il doit au contraire bien comprendre qu’il faut concilier les trois pour construire une performance globale. Ainsi, comme il le faisait auparavant en matière d’attractivité et de développement durable, à travers de multiples indicateurs existants (partie 1), le décideur public a besoin de mesurer les progrès de son territoire et de comprendre comment améliorer son attractivité durable à travers un indicateur. La deuxième question essentielle que pose cet article est alors de savoir comment construire cet indicateur. En effet, il n’existe pas de méthodologie idéale et incontestée pour ce faire. Chaque méthode de construction impose des contraintes, présente des intérêts et des limites et s’adapte précisément à un type de sujet. Il convient donc, dans un premier temps, d’analyser les différentes méthodologies, ceci pouvant être fait à travers leurs aspects techniques et leur capacité à être utilisés politiquement (Gadrey et Jany-Catrice, 2005) ou à travers la grille de lecture proposée par l’IFEN (2008) (partie 2). Dans un deuxième temps, il est nécessaire de mettre en relief ces méthodologies et leurs caractéristiques préalablement expliquées avec notre sujet afin de définir la méthode de construction idéale pour l’indicateur d’attractivité durable. Il s’agira alors de déterminer ce que l’on veut mesurer par notre indicateur et quelles finalités lui seront attribuées (partie 3).

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Au préalable d’une proposition de construction d’un indicateur d’attractivité durable, il appartient tout d’abord d’évoquer l’existant en matière d’indicateurs d’attractivité (partie 1.1) et d’indicateurs de développement durable (partie 1.2). Les indicateurs seront décrits par type de construction et leurs principales caractéristiques sont exposées dans les tableaux de l’annexe 1.

1.1 - Les indicateurs d’attractivité

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Afin de décrire l’attractivité d’un territoire, certaines organisations choisissent un indicateur, un seul, celui qu’ils jugent le plus caractéristique du concept. Ainsi, la Conférence des Nations Unies pour le Commerce et de Développement (CNUCED) publie l’Indice de Performance des IDE qui classe les pays selon les IDE reçus relativement à leur taille, et nous informe donc sur l’attractivité du pays vis-à-vis des investisseurs étrangers, mais non sur la raison de celle-ci. Si cette raison est fiscale, alors peut-être que l’Indice de Misère Fiscale [2][2] L’auteur a choisi de conserver la traduction « Indice..., calculé par Forbes [3][3] www.forbes.com (ou de bonheur fiscal, pour les pays à très faible taxation) le révélera.

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À l’opposé de ce type de mesure de l’attractivité, consistant en un indicateur unique, certaines organisations, les mêmes parfois, construisent des indicateurs qui, en fait, sont la combinaison de nombreux autres, imbriqués de telle façon à ce qu’ils ne fassent plus qu’un.

1.1.2 - Indices c omposites

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Le premier des indices composites d’attractivité (également le plus médiatique) est sans conteste l’Indice de Compétitivité Mondiale, calculé chaque année par l’IMD Lausanne. Celui-ci fait l’objet d’un rapport annuel, le « World Competitiveness Yearbook », dans lequel sont évaluées les performances de 57 pays en matière d’attractivité à travers 4 thèmes principaux : la performance économique, l’efficacité du gouvernement, l’efficacité des affaires et les infrastructures. De cette manière, l’IMD « classe et analyse la capacité des pays à créer et à maintenir un environnement dans lequel les entreprises peuvent être compétitives » CafèNoir Femme Lacets Lacets LEC945 Chaussures CafèNoir à LEC945 Chaussures 41 à BLACK 8RzIqI[4] www.imd.ch/wcy09

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L’autre indice de « référence » est celui du World Economic Forum (WEF), et est connu sous le nom de l’Indice de Compétitivité Global/Mondial (GCI). Cette organisation internationale indépendante définit la compétitivité comme « l’ensemble des institutions, des politiques et des facteurs déterminant le niveau de productivité d’un pays » (World Economic Forum, 2009), cela même définissant son attractivité.

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AT Kearney, cabinet privé de conseil en stratégie et management, selon le même principe d’agrégation des données, propose un calcul différent pour mesurer l’attractivité. En effet, pour calculer l’Indice de Globalisation, trois grands piliers sont dessinés : intégration économique, connectivité technologique et engagement politique (AT Kearney, 2006 [5][5] www.atkearney.com, www.foreignpolicy.com).

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AT Kearney construit également un autre indice, issu d’enquêtes, appelé l’Indice de Confiance. Les enquêtes sont réalisées auprès des responsables des 1000 sociétés les plus importantes du monde, représentants 47 pays et 24 industries différentes (AT Kearney, 2005). Les questions portent sur l’intérêt des dirigeants à investir sur tel ou tel territoire.

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La Banque Mondiale publie chaque année le médiatique Doing Business, qui s’attache à mesurer, à travers pas moins de 8967 indicateurs, la réglementation des affaires dans 183 pays. Cette série de rapports annuels est censée informer les entrepreneurs sur les réglementations nationales qui facilitent ou compliquent la vie d’une entreprise. Dix thèmes sont ainsi abordés, et à travers ceux-ci et les indicateurs qu’ils contiennent, la Banque Mondiale a pour objectif d’analyser les résultats économiques, de déterminer quelles réformes ont été ou seront efficaces, où et pourquoi, le tout en comparant les pays. Les données utilisées pour construire les indicateurs sont issues d’enquêtes, le questionnaire reposant sur l’étude de cas (World Bank, 2009).

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La CNUCED, à côté de l’Indice de Performance des IDE, construit également son indicateur composite d’attractivité, dans le cadre de la publication annuelle du World Investment Report (WIR). Cependant, l’indicateur, appelé Indice d’IDE potentiels, n’est pas réactualisé tous les ans. Ainsi, 12 variables sont prises en compte pour mesurer l’attractivité potentielle d’un territoire vis-à-vis des investisseurs étrangers : entre autres, le PIB par habitant, l’énergie commerciale utilisée, les dépenses de Recherche et Développement dans le PIB, la proportion d’étudiants de 3e cycle, etc. (UNCTAD, 2002).

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Dans un tout autre genre, l’Heritage Foundation (« think tank » américain conservateur) rend chaque année public l’Indice de Liberté Economique. Selon cette institution, l’indice permet la mesure d’une croissance économique durable et donc d’une attractivité du territoire pour les entreprises, d’autant que cet indice est non seulement corrélé avec la performance économique pure, mais également avec le développement social et humain et le respect de l’environnement (Heritage Foundation, 2009).

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Autre cabinet privé, Cushman&Wakefield, note chaque année les principales villes européennes (une trentaine), économiquement parlant, dans l’ « European Cities Monitor ». Le classement général est obtenu en croisant celui des critères d’attractivité et celui des villes pour chaque critère. Ces classements sont donc obtenus par des enquêtes, réalisées par la SOFRES, celle-ci interviewant un échantillon représentatif de 500 entreprises parmi les 15000 plus importantes d’Europe, provenant de 9 pays différents (Cushman&Wakefield, 2007).

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De manière très similaire, Ernst&Young, l’un des principaux cabinets privés d’audit mondiaux, analyse chaque année l’ « attractivité perçue » des pays européens et de ses principaux concurrents. Les enquêtes sont réalisées par l’institut CSA, desquelles ressortent à la fois le classement des critères d’attractivité, et des pays pour chaque critère (Ernst & Young, 2008).

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Beaucoup plus ciblé, l’Indice de Corruption de Transparency International, évalue chaque année la corruption affectant les administrations publiques et la classe politique de 180 pays, telle que la perçoivent les responsables d’entreprise et les experts (Transparency International, 2008).

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Tous ces indicateurs, simples et composites, sont construits majoritairement grâce à des données statistiques, tandis que d’autres, et cela a été souligné lorsque tel était le cas, tirent leurs informations d’enquêtes. En utilisant différentes méthodes de recueil de données, tous les indicateurs ou indices décrits jusqu’à maintenant ont fait en sorte de n’obtenir qu’un seul chiffre final, permettant de classer globalement les pays. Deux exceptions à cette tendance générale peuvent être relevées, où les résultats n’apparaissent que sous forme de tableaux, sans indicateur synthétique : ils vont être brièvement décrits. La construction sous forme de tableaux de bord, ou ensemble d’indicateurs, implique de compiler ou de classer une série d’indicateurs ayant un lien direct ou indirect avec le concept considéré (Commission Stiglitz, 2009).

brun seule Spain In Edward´s bateau Chaussures Made en graisse xqOgTv1.1.3 - Tableaux d’indicateurs

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Depuis le lancement de la Stratégie de Lisbonne en 2000, la Commission Européenne délivre chaque année le « Benchmarking Policy Enterprise » qui présente, à travers 41 indicateurs, l’attractivité pour les entreprises des pays membres de l’UE. Ces indicateurs sont regroupés en 9 thèmes et les sources sont essentiellement des statistiques quantitatives (effectuées par Eurostat) : en effet, seule la variable « esprit d’entreprise » est issue d’une enquête (Commission Européenne, 2004). En fait, ce benchmarking est le regroupement de trois autres études plus spécifiques : le tableau de bord des entreprises, le tableau de bord de l’innovation et les indicateurs structurels [6][6] http://europa.eu/legislation_summaries/regional_po.... La Commission Européenne se garde donc de livrer un score global d’attractivité, mais préconise plutôt la comparaison sur des critères précis.

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C’est également le cas de l’AFII (Agence Française pour les Investissements Internationaux), qui, avec son homologue allemande, propose un tableau de l’attractivité dans le but de comparer la performance en termes d’attractivité des 27 pays de l’UE avec leurs principaux concurrents (États-Unis, Japon, Brésil, Russie, Inde et Chine). Ce tableau donne une vue d’ensemble de l’attractivité autour de 60 indicateurs, dont les données sont issues d’organismes statistiques reconnus, regroupés en 7 thèmes principaux (AFII et Invest in Germany, 2008).

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L’objet de cet article étant le rapprochement entre les indicateurs d’attractivité et les indicateurs de développement durable, on pourrait justement se demander si les classements en termes d’attractivité coïncident avec ceux effectués en termes de développement durable. Afin d’argumenter une réponse, à l’image de ce que venons de faire concernant les indicateurs d’attractivité, vont maintenant être étudiés les principaux indicateurs de développement durable existants.

1.2 - Les indicateurs de développement durable

1.2.1 - Indices composites

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À l’image des indicateurs d’attractivité, pour des raisons de simplification qui ouvrent la porte à un plus fort écho, de nombreux indicateurs de développement durable sont synthétiques, construits en agrégeant d’autres indicateurs de base : ce sont des indices composites.

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• Indices composites intégrant le principe de bien-être

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Le premier d’entre eux est sans nul doute l’IDH, Indice de Développement Humain, publié par le Programme des Nations Unis pour le Développement (PNUD), et dont le succès est notamment imputable à l’un de ses créateurs, Amartya Sen, Prix Nobel d’Économie en 1998. Cet indice, dont le résultat se situe entre 0 (exécrable) et 1 (excellent) s’articule autour de trois autres indices reflétant la santé/longévité, le niveau d’éducation et le niveau de vie, le tout étant une moyenne de seulement quatre indicateurs (UNDP, 2009).

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Prescott-Allen (2001), lui, évalue le bien-être en se basant sur un ensemble large d’indicateurs (près d’une centaine), qu’il regroupe tout d’abord en deux indices : l’indice de bien-être humain (IBH) et l’indice de bien-être de l’écosystème (IBE). En regroupant ces derniers dans un « baromètre de durabilité », on obtient alors l’indice de bien-être (IB). Cette méthode a été reprise par la région Ile-de-France qui a ainsi construit pour elle-même des indicateurs de développement durable, en croisant et pondérant une quarantaine d’indicateurs relatifs à la dimension humaine (pour former un indice de bien-être humain) et une cinquantaine d’indicateurs relatifs à l’environnement (pour former un indice du bien-être de l’écosystème). L’association de ces deux indices forme un indice de bien-être qui caractérise le niveau des menaces et les conséquences du développement sur la qualité de l’environnement (IAURIF, 2007).

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Des approches plus ciblées existent également, mettant complètement de côté la notion de soutenabilité. Ainsi sont les indices de Qualité de Vie, construits notamment par le CCHC (Indice Colorado, Colorado Center for Healthy Communities). L’évaluation est basée sur des tendances et des conditions de vie associées à des indicateurs tels que le taux de criminalité, la participation aux activités culturelles, le chômage, la qualité de l’eau, de l’air, les espaces verts, etc. (Graymore, Sipe et Rickson, 2008). Dans une approche similaire, l’OCDE a présenté, dans son rapport sur l’Etat de l’Environnement, en 1993, une méthode pour mesurer la Santé de l’Ecosystème : l’état et l’évolution des indicateurs environnementaux sont utilisés (OECD, 1993).

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Enfin, il existe quelques indicateurs de développement durable qui s’inspirent des plus connus (et reconnus) des indicateurs (économiques ou de développement) en les utilisant comme base, et qui consistent principalement à ajuster le PIB. Ce dernier est à l’origine de débats passionnés, tant il est l’indicateur de référence et pourtant inapproprié, à l’avis quasi-unanime des spécialistes (Commission Stiglitz, 2009). Différentes adaptations ont donc été construites, pour y intégrer les autres piliers du développement durable, en plus de la seule variable économique. Ainsi, certains chercheurs ont établi un PIB vert. Citons notamment Hartwick (1990), qui propose de soustraire au PIB la dépréciation de toute sorte de capital naturel et les émissions polluantes. Dans le même esprit, les chercheurs de l’organisation « Redefining Progress » ont développé l’Indicateur de Progrès Véritable (ou Genuine Progress Indicator), en soustrayant au PIB différents facteurs tels que la criminalité ou la pollution, mais en y additionnant également l’activité productive non marchande (par exemple le travail domestique) (Talberth J., Clifford C., Slattery N., 2007). Daly et Cobb (1989), ont eux été à l’origine de la création de l’ISEW (Index of Sustainable Economic Welfare ou Indice de Bien-être Économique Durable). Cet indicateur est calculé un peu différemment du précédent, en soustrayant du PIB ses coûts sociaux et environnementaux et on y ajoutant la valeur des activités n’ayant pas une valeur marchande, par exemple l’éducation des enfants. Mais le PIB n’est pas le seul indicateur de base que l’on a tenté de corriger afin d’en faire un indicateur de développement durable. Ainsi, des chercheurs ont construit des extensions de l’IDH. Pour obtenir un IDH « vert », ils ont intégré à l’indicateur de base des variables écologiques, en plus des variables économiques et sociales déjà présentes. Ainsi, Lasso de la Vega et Urrutia (2001) intègrent dans la variable PIB/hab. les rejets de CO2, pendant que Constantini et Monni (2004) incluent une quatrième variable, de poids équivalent aux trois autres, représentant la qualité environnementale (au regard de l’air, de l’eau et du sol). La région française du Nord-Pas-de-Calais a également repris l’IDH pour l’appliquer au niveau régional, mais en le complétant de deux autres indicateurs du PNUD, l’IPH (Indice de Pauvreté Humaine) et l’IPF (Indice de Participation des Femmes), dans le but de « juger le progrès » durable (Gadrey, Ruyters et Laffut, 2006).

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• Indices composites intégrant la notion de durabilité

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D’autres indices composites s’intéressent seulement à la durabilité du développement économique, mettant de côté ses impacts sur la qualité de vie. Dans cette optique, des chercheurs de Yale et de Columbia, en collaboration avec le Forum Économique Mondial et le Centre Commun de Recherche de la Commission Européenne, ont établi un Indice de Soutenabilité Environnementale (ESI), publié dans la revue Nature[7][7] www.nature.com.Cet indice évalue et classe les pays en fonction de leur aptitude à préserver durablement l’environnement, dans une démarche « benchmarking » : c’est-à-dire que toutes les mesures sont relatives (Yale Center for environmental law and policy, 2005).

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De la même manière, l’empreinte écologique est pleinement une mesure de durabilité de l’activité, puisqu’elle quantifie la surface bioproductive nécessaire pour produire les principales ressources consommées par une population et pour absorber ses déchets. On la compare alors à la surface productive écologiquement disponible, et on peut alors en déduire si le développement est soutenable dans le temps. Si cet indicateur de développement durable a été popularisé et est calculé, pour de nombreuses entités (on peut mesurer l’empreinte écologique d’une collectivité, d’un individu, d’un pays ou encore d’une entreprise) par le WWF, il a été à la base créé par William Rees et Mathias Wackernagel. W. Rees définit ainsi l’empreinte écologique comme « la surface correspondante de terre productive et d’écosystèmes aquatiques nécessaires pour la production des ressources utilisées et l’assimilation des déchets produits par une population définie à un niveau de vie spécifié, là où cette terre se trouve sur la planète » (Wackernagel et Rees, 1996). Initialement, les deux chercheurs proposent d’additionner le sol consommé par l’environnement construit, le « sol énergétique », les écosystèmes utilisés pour produire l’alimentation, le sol consommé pour la production de produits forestiers ou agroforestiers, le résultat étant l’empreinte écologique, traduite en équivalent-hectares bioproductifs consommés (Wackernagel et Rees, 1996). Par exemple, selon les derniers calculs rendus publics par le Global Footprint Network (GFN) le 25 novembre 2009, les habitants des Émirats Arabes Unis nécessitent chaque année 11 hectares globaux (ce sont les champions du monde de l’empreinte écologique), pendant que les français en ont chacun besoin de 5, les chinois de 2 et les Indiens moins de 1 (parmi les empreintes écologiques les moins élevées). Les récents calculs amènent à la conclusion finale suivante : il faudrait maintenant environ 1,4 fois la Terre pour régénérer toutes les ressources que l’humanité consomme et absorber les émissions de CO2[8][8] http://www.footprintnetwork.org/index.php/GFN/blog. M.Wackernagel et le GFN reconnaissent bien qu’il est réducteur de résumer l’impact de l’humanité sur la nature à une offre nécessaire de biomasse, mais ils expliquent que le postulat selon lequel la demande humaine ne doit excéder la capacité biologique de la planète est une condition nécessaire, mais non suffisante, à la soutenabilité globale (Wackernagel et al., 2002).

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À la même période, Newman et ses co-auteurs ont eu une idée similaire en calculant les Ressources Naturelles Disponibles (Natural Resource Availability). Cette approche regroupe des indicateurs simples mesurant les ressources disponibles d’un territoire, et en comparant celles-ci au niveau de consommation de ce territoire, on obtient une idée de la soutenabilité territoriale. Plus précisément, on mesure la capacité de charge de la région, c’est-à-dire combien de personnes les ressources naturelles peuvent supporter durablement (Newman et al. 1994).

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Enfin, il existe une catégorie spécifique d’indicateurs composites de développement durable s’intéressant à la durabilité : ce sont les indicateurs de stocks. C’est par exemple le cas de l’indicateur d’Épargne Véritable (Genuine Savings, ou encore Adjusted Net Savings), qui s’attache à mesurer les variations de stocks. Ainsi, il calcule, en pourcentage du PIB, la réelle appréciation, ou dépréciation de l’épargne d’un pays (Hamilton, 2000). Alors que dans le système traditionnel de comptabilité nationale, seul le capital physique est pris en compte, l’Épargne Véritable considère également le capital naturel, environnemental et humain. La Banque Mondiale fait donc le calcul suivant chaque année, pour la plupart des pays du monde : Épargne Nationale Brute – Consommation de Capital Fixe + Dépenses en éducation – Valeur de la réduction des ressources naturelles – Valeur des dommages causés par les polluants [9][9] http://web.worldbank.org. Cette approche a les faveurs de beaucoup d’économistes, car elle est fondée sur un cadre théorique explicite et reconnu, mais elle a également de nombreuses limites : par exemple, elle ne prend pas en compte toutes les pollutions et l’évaluation par les prix est fortement discutable (Commission Stiglitz, 2009).

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À l’opposé de tous ces indices qui se résument à un chiffre, de la même manière que lorsqu’il s’agissait d’attractivité, existent des tableaux de bord qui offrent une présentation globale, détaillée, mais cependant moins synthétique, du développement durable.

1.2.2 - Tableaux de bord du développement durable

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Dans le cadre de la stratégie de l’Union Européenne en faveur du développement durable, des indicateurs de développement durable ont été bâtis au sein de la Commission Européenne, et un rapport de suivi de ces indicateurs doit être réalisé tous les deux ans par Eurostat (Eurostat, 2007). Ils sont basés sur 10 thèmes (développement socio-économique, consommation et production durable, inclusion sociale, changements démographiques, santé publique, changement climatique et énergie, transport durable, ressources naturelles, partenariat global et bonne gouvernance) divisés en sous-thèmes pour organiser la liste de manière à refléter les objectifs opérationnels et les actions contenus dans la Stratégie de Développement Durable. Parmi tous les indicateurs proposés par la Commission Européenne, les États Membres choisissent les indicateurs phares. Pour la France, une liste a été établie, fruit d’une collaboration entre la Commission Européenne, l’Insee et l’IFEN (Premier Ministre, 2006). Ainsi, les douze indicateurs phares choisis, issus des 10 thèmes, sont les suivants : taux de croissance du PIB par habitant, émissions totales de gaz à effet de serre, part des énergies renouvelables dans la consommation totale d’énergie primaire, consommation d’énergie totale des transports, quantité de déchets municipaux collectés, indice d’abondance des populations d’oiseaux communs, prises de poissons au-dessus des seuils de précaution, espérance de vie en bonne santé, part des ménages sous le seuil de pauvreté, taux de dépendance vieillesse, aide publique au développement et disponibilité de l’administration en ligne. La région Aquitaine s’est inspirée de ces indicateurs de la Commission Européenne et les a adaptés à l’échelle régionale : elle dispose ainsi d’une batterie d’indicateurs sur le thème du développement durable autour de huit axes se déclinant en thèmes (Région Aquitaine, 2008). Auparavant, en 2003, l’IFEN avait d’ores-et-déjà apporté sa contribution en la matière en proposant 45 indicateurs de développement durable. Le but était alors de répondre à la question posée par la Commission Nationale du Développement Durable : « dans quelle mesure la France progresse t-elle, ou non, vers un développement considéré comme durable ? » (IFEN, 2003). Dans une priorité donnée à la question du « legs aux générations futures », la construction des indicateurs est faite sous formes de modules, au nombre de 10, permettant d’apprécier dans quelle mesure une certaine dynamique de développement (module 1 et 2) est susceptible de satisfaire les besoins des générations présentes et futures (modules 7 et 8), grâce à un renouvellement approprié des différentes formes de capitaux et de patrimoines (modules 3 et 4). Sont également prises en compte les dimensions géographiques à travers la double articulation national-global (module 6) et national-local (module 5). Enfin, la préférence donnée au futur dans les comportements présents est évaluée (module 9), et le dernier module s’attache à évaluer la capacité individuelle ou collective à réagir à des évènements imprévisibles. Les 10 modules regroupent ainsi 45 indicateurs. S’inspirant de ce travail, la Région française Midi-Pyrénées, en partenariat avec l’Insee régional, a construit une batterie de 46 indicateurs permettant, à l’échelon régional, de dresser un état des lieux en matière de développement durable et d’en suivre les évolutions (Région Midi-Pyrénées et Insee, 2007). Ainsi, le tableau de bord a été organisé en 5 axes (capacité de l’économie à engendrer une croissance soutenable, capacité à préserver et valoriser les patrimoines économique, naturel, humain et culturel, bonne organisation entre préoccupations locales et globales, satisfaction des besoins des générations présentes et prise en compte du long terme et des générations futures), déclinés en 10 modules, puis en sous-modules et complétés par des indicateurs de cadrage.

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Le développement durable étant un concept très large englobant de nombreuses notions, il est très rare que des organismes ou chercheurs se risquent à le mesurer avec un indice simple, mais l’opération est parfois réalisée, et il est intéressant de l’évoquer.

1.2.3 - Indice simple

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L’opération consistant à ne retenir qu’un seul indice peut sembler dénouée de pertinence, mais il semble important d’expliquer le cas d’un indice simple, celui du Greendex. En effet, cet indice, publié par National Geographic, en collaboration avec l’institut de sondage Globescan, est intéressant, notamment à travers son approche et son mode de « calcul ». Le Greendex mesure, par le fait, les progrès réalisés par les consommateurs en matière de comportement et de consommation durable et responsable, et ce dans 17 pays. Il ne parait donc pas dénoué de sens de considérer le comportement de tout un chacun comme base du développement durable. La méthode utilisée est également originale par rapport à ce qui a été étudié jusqu’à alors, puisque le mode de requête des données utilisé est celui du sondage (National Geographic et Globescan, 2009).

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La construction d’indicateurs en matière de développement durable est récente, mais depuis une quinzaine d’années ont été proposées de multiples mesures, par divers acteurs. Chaque construction est différente, même si les différents types d’indicateurs ont pu être regroupés suivant leurs similitudes méthodologiques, et chacune présente des atouts et des limites. C’est également le cas pour les indicateurs d’attractivité, puisqu’ils ont pu être classés de la même manière. Il s’agit donc maintenant, au préalable de l’analyse, d’expliquer comment nous pouvons évaluer la qualité des différents indicateurs.

1.3 - Évaluer les indicateurs

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Pour évaluer un indicateur, il faut au préalable bien définir ce qu’il doit mesurer (partie 1.3.1). Il s’agit ensuite de connaître les critères d’appréciation d’un indicateur (partie 1.3.2), et nous verrons qu’il est possible de se baser sur les références de qualité exprimées par l’IFEN (2008) (partie 1.3.3).

1.3.1 - Qu’attend-on d’un indicateur ?

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• Que veut-on mesurer en matière d’attractivité ?

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Afin d’identifier les attentes d’un indicateur mesurant l’attractivité, rappelons tout d’abord la définition de l’attractivité: elle consiste en « la capacité des territoires à fournir, grâce à leurs ressources, des conditions d’implantations plus intéressantes que celles des territoires concurrents pour les projets mobiles » (Hatem, 2004a). Dès lors, un indicateur peut avoir comme vocation de mesurer la capacité du territoire dans son ensemble, ou simplement les conditions d’implantations qu’il offre, voire même une seule modalité d’implantation, ou juste de calculer des variables conjoncturelles. De plus, il peut s’attacher à mesurer la performance en matière d’attractivité a posteriori, en mesurant par exemple les IDE entrants, ou à évaluer la capacité d’un territoire, à travers ses caractéristiques, à accueillir une entreprise et à lui offrir des conditions favorables à son développement. D’autre part, il est important de souligner que l’attractivité est une notion relative, sa mesure dépendant des territoires concurrents qui permettent une comparaison, mais également du secteur d’activité ou du projet d’investissement auquel on s’intéresse (Hatem, 2004b). Il parait donc important de définir, a priori, ce que l’on veut mesurer avec l’indicateur que l’on construit, et, également l’utilisation que l’on veut en faire. Pour répondre à ces questions, des travaux scientifiques peuvent servir de bases solides (Hatem, 2006), ceux-ci expliquant les forces de dispersion ou d’agglomération des activités (Fujita, Krugman, Venables, 1999) et les déterminants des localisations (Crozet, Mayer, Muchielli, 2003).

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• Que veut-on mesurer en matière de développement durable ?

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Les mêmes pré-requis sont nécessaires au préalable de la construction d’un indicateur de développement durable. La Commission Mondiale sur l’Environnement et le Développement Durable en proposait, dans le rapport Bruntdland de 1987, la définition suivante : « Femme Caprice Caprice Escarpins Noir Black Nappa 22400 22400 le développement durable est un développement qui répond aux besoins des générations du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs ». Deux concepts sont inhérents à cette notion : le concept de « besoins », et plus particulièrement des besoins essentiels des plus démunis à qui il convient d’accorder la plus grande priorité, et l’idée des limitations que l’état de nos techniques et de notre organisation sociale impose sur la capacité de l’environnement à répondre aux besoins actuels et à venir (Brundtland, 1987). Dès lors, le développement durable s’articule autour de trois pôles : l’économie, le social et l’environnement, auxquels on ajoute maintenant la culture (UNCTAD, 2008), qui doivent permettre à eux quatre de combler les besoins des générations présentes sans compromettre ceux des générations futures. Le développement durable se décline alors en deux notions : celle de développement humain, mesurable en termes de bien-être, et qui est actuelle, et la soutenabilité de ce développement, mesurable en termes de condition de stock de capital (Commission Stiglitz, 2009 ; Nourry, 2008). Selon M. Nourry (2008), ceci donne lieu à deux approches : la soutenabilité faible et la soutenabilité forte. Ainsi, le critère d’une soutenabilité faible est le maintien d’un niveau de stock de capital de manière global (il est possible de substituer un type de capital par un autre), alors que le critère d’une soutenabilité forte donne une importance centrale au capital naturel [10][10] Les deux approches s’intéressent à la soutenabilité... (Nourry, 2008). L’expression de soutenabilité faible est en fait apparue à la fin des années 1970, afin de caractériser des modèles de croissance néo-classiques intégrant les ressources naturelles, en plus du travail et du capital déjà présents. Le terme de soutenabilité forte intervient alors, en intégrant le concept de résilience des ressources naturelles à ces modèles [11][11] Le concept de résilience renvoie au fait qu’il faut.... Face à cette séparation, le rapport Stiglitz propose de rapprocher les deux démarches en représentant des processus de production dans lesquelles les possibilités de substitution sont limitées (Commission Stiglitz, 2009). Cependant, grâce à cette distinction, il est d’ores-et-déjà possible de classer deux types d’indicateurs, parmi ceux qui s’intéressent à la soutenabilité du développement : ceux qui mesurent la soutenabilité faible et ceux s’intéressant à la soutenabilité forte. Dans le premier groupe, on trouvera ainsi l’Epargne Véritable, le PIB vert, l’ISEW, l’Indicateur de Progrès Véritable, et même l’Empreinte Écologique, les Ressources Naturelles Disponibles et l’ESI. Cela parait assez surprenant pour ces derniers, qui paraissent naturellement se classer dans la deuxième catégorie. Mais ils n’y ont pas leur place, car, bien que s’intéressant à la contrainte environnementale du développement, la substitution est possible entre les divers types de capital naturel (Nourry, 2008). Ne restent dans la catégorie « soutenabilité forte » que les différents tableaux de bord. A côté de ces indicateurs mesurant la soutenabilité du développement, de manière faible ou forte, se trouvent les indicateurs s’intéressant au bien-être de l’individu : l’Indice de Bien-être de Prescott-Allen, les indices de Qualité de Vie et l’IDH (ainsi que l’IDH vert). Mais les deux approches (mesure de la soutenabilité – qu’elle soit forte ou faible – et mesure du bien-être) ne sont pas forcément dissociables : bien au contraire, nombre d’indicateurs tentent de prendre en compte les deux dimensions (ISEW, ESI, IDH vert, IB). La méthode qui semble le mieux les rapprocher, en prenant en compte autant le développement dans sa soutenabilité et dans ce qu’il apporte aux hommes en termes de bien-être, sans faire prévaloir une approche plus que l’autre, est celle des tableaux de bord. De plus, c’est également elle qui permet d’obtenir une vue globale du développement durable, selon sa déclinaison en trois volets : l’économique, le social et l’environnement.

1.3.2 - Comment mesurer la qualité d’un indicateur ?

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Comme le précisent Gadrey et Jany-Catrice (2005), « l’évaluation des indicateurs fait intervenir une grande diversité des critères de jugement qui peuvent d’ailleurs se combiner ». Gadrey et Jany-Catrice (2005) évaluent ainsi quatre indicateurs synthétiques selon leurs aspects techniques (mode de construction, choix relatifs aux dimensions et aux variables, potentialité au regard d’usages alternatifs) et la possibilité qu’ils offrent à être utilisés politiquement. Ces travaux s’inspirent notamment de Sharp (1999) qui, lui, énonçait sept exigences pour un indicateur de qualité de vie idéal. Ce dernier doit notamment proposer clairement une politique publique permettant d’améliorer la qualité de vie, être construit sur de solides bases théoriques et permettre l’annonce d’un chiffre final mais tout en étant déclinable, fiable et cohérent dans son ensemble. Enfin, il doit également pouvoir être calculé périodiquement, et couvrir entièrement le concept évalué, en l’occurrence la qualité de vie. Perret (2002) évoque sensiblement les mêmes exigences pour la construction d’un indicateur social, pour lequel il requiert les qualités suivantes : l’univocité (la signification de l’indicateur est claire), la représentativité du concept et la complétude, la clarté normative (pour chaque variable, il doit être expliqué si un bon score est un score élevé ou faible), la fiabilité et la régularité des données sources, la comparabilité dans le temps et/ou dans l’espace, l’équilibre entre les différents thèmes qui composent l’indicateur final et enfin la sélectivité ou la hiérarchie. Les conclusions du rapport Stiglitz (Commission Stiglitz, 2009) vont également dans le même sens et préconisent une rigueur semblable pour la construction d’un indicateur, notamment pour les recommandations concernant un indicateur de soutenabilité (points 193 à 204 du rapport). Ainsi, il préconise la construction d’un tableau de bord bien défini et limité pour une bonne lecture du phénomène dans son ensemble et sans ambigüité, avec, à l’intérieur même de ce tableau de bord, un indice monétaire de soutenabilité (cela se rapproche de l’exigence d’univocité) et une batterie d’indicateurs physiques pour mesurer les aspects environnementaux. Enfin, la Commission Stiglitz (2009) insiste sur la nécessité d’un suivi dans le temps de l’indicateur et sur le fait que celui-ci doit permettre d’apprécier les changements.

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L’IFEN, en 2008, a également énoncé des critères de qualité des indicateurs : nous allons les expliquer maintenant, et montrer qu’il est possible de regrouper dans ceux-ci les exigences que nous venons d’évoquer.

1.3.3 - Les critères de l’IFEN (2008) comme référence

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Selon l’IFEN (2008), un indicateur doit être pertinent (vis-à-vis des acteurs et vis-à-vis du sujet), robuste, transparent, mesurable et comparable. La pertinence vis-à-vis des acteurs exige que l’indicateur soit facilement compréhensible, et ceci, pour Sharp (2002) se traduit par l’annonce d’un chiffre final, ce que Perret (2002) appelle la représentativité. L’IFEN évoque ensuite la pertinence vis-à-vis du sujet, c’est-à-dire que l’indicateur doit être représentatif du phénomène observé. Sous cette transparence figurent les exigences de Sharp (1999) en matière de déclinaison, de fiabilité, de cohérence, et de couverture dans son ensemble du concept évalué, et celles de Perret (2002) en matière de complétude, d’équilibre et d’univocité. Le troisième critère de l’IFEN est celui de la robustesse ou des fondements scientifiques, ce qu’évoque Sharp (1999) en exigeant de « solides bases théoriques ». L’IFEN considère ensuite que la méthode utilisée pour construire l’indicateur doit être clairement décrite : c’est le critère de transparence, sous lequel sont regroupées les exigences d’univocité, de hiérarchisation (Sharp, 1999) et de clarté normative (Perret, 2002). Le cinquième critère de l’IFEN est celui de la mesurabilité, exprimant la nécessaire qualité des données, leur fiabilité et leur régularité de calcul (Perret, 2002). Enfin, selon l’IFEN l’indicateur doit également être comparable dans l’espace et dans le temps, ce qu’ont également évoqués Sharp (1999) et Perret (2002).

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Il est maintenant possible d’analyser, globalement et de manière critique, chacune des méthodologies, en essayant de faire ressortir leurs atouts et leurs défauts respectifs, ainsi que leurs intérêts, les unes par rapport aux autres, et ceci à la lumière des critères de l’IFEN, auquel nous rajouterons le critère de la potentialité d’usage politique.

2.1 - Analyse par type de construction

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Comme cela est mis en valeur par l’organisation des parties précédentes, les indicateurs comparatifs d’attractivité ou de développement durable peuvent être discriminés selon la méthodologie. Ils seront donc analysés par type de construction : indices composites, indices simples, et tableaux d’indicateurs.

Bronze Olimpia Evita Shoes Olimpia Sandale Sandale Lisse Femme Cuir Shoes Evita nqUvWP42.1.1 - Indices composites

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Comme cela a été souligné, les plus connus, les plus médiatiques, sont les indicateurs composites, ceux qui peuvent résumer une ou plusieurs dizaines de variables en un chiffre. Pourtant, ce ne sont pas les moins exempts de critiques, au contraire. En effet, s‘il parait difficile de réduire la notion d’attractivité ou de développement durable à un indice global, cela parait d’autant plus critiquable au regard de la méthodologie utilisée. Deux problèmes majeurs apparaissent lorsque l’on veut calculer un indice composite : comment totaliser des dizaines ou des centaines de données qui diffèrent dans leur sens, leur mode de recueil et leur chiffrage ? Et quel poids accorder à chacune ? Ce sont ici que se trouvent les limites de l’indice composite, que l’on pourrait résumer « aux défauts de ses qualités ».

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• L’indice composite à l’épreuve des critères de l’IFEN

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Les critères d’un bon indicateur de développement durable selon l’IFEN (2008) mettent bien en évidence les intérêts et les limites de l’indice composite. En effet, si les indicateurs composites s’avèrent pertinents vis-à-vis des acteurs, en répondant à l’attente d’une note globale, simple et compréhensible par tous et en permettant un classement sans ambiguïté des territoires, ils le sont beaucoup moins vis-à-vis du sujet. Ils ne s’intéressent, en effet, pas souvent, au phénomène de développement durable dans sa globalité, certains se préoccupant seulement d’un volet du développement durable (par exemple, l’empreinte écologique n’étudie que l’aspect environnemental), d’autres de la mesure de la durabilité (ISEW, PIB vert, Epargne Véritable, etc.) ou du bien-être (IDH, Indice de Bien-être ou de Qualité de Vie), ou d’un simple aspect du développement durable (Greendex). En revanche, en matière d’attractivité, le phénomène est mieux étudié dans sa globalité : avec plus de 300 critères, on peut considérer que le WCY fait le tour de la question de l’attractivité. Mais surtout, les indices composites perdent en pertinence du fait de la normalisation et du mélange des données, et également de leur pondération : il paraît évident qu’un seul chiffre ne peut résumer la performance d’un territoire en matière de développement durable ou d’attractivité… Du point de vue de la robustesse, les limites de l’indice composite sont nombreuses : si le choix des variables ou des indicateurs de base est souvent clairement exprimé, il s’avère toujours subjectif, voire politique, d’autant plus qu’il s’agit ensuite de les additionner, hiérarchiser et pondérer. Cependant, du point de vue de la transparence, la plupart des indices composites évite la critique en expliquant clairement leur méthodologie et leurs sources de données. Ainsi, les résultats de ces indices sont communiqués avec une description détaillée de la méthode et de ses limites. C’est par exemple le cas pour l’empreinte écologique [12][12] Notons à ce propos que l’empreinte écologique est sujet... : en effet, le GFN publie un document expliquant la méthode de calcul au niveau du territoire national (Ewing B et al., 2008, voir également Boutaud et Gondran, 2009). Concernant le critère de mesurabilité, les indices composites ne sont à priori, ni meilleurs ni pires que les autres types de construction, puisque, dans la mesure du possible, les données sont issues d’organismes statistiques reconnus. Mais il arrive parfois de se heurter à des absences, surtout lorsqu’il s’agit d’évaluer certains PVD ou PMA (Pays en Voie de Développement ou Pays Moins Avancés). Enfin, concernant le dernier critère, celui de la comparabilité, les indices composites présentent clairement l’avantage de permettre la comparaison de notes globales, les unes par rapport aux autres.

2.1.2 - Indices simples

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En revanche, et de manière logique, les indices simples échappent à la critique du mélange des données. En effet, un indicateur IDE, de corruption ou de taxation, ou de comportement des consommateurs en matière de développement durable (Greendex) est totalement ciblé et évite ainsi, ou du moins réduit fortement, les biais en matière de calcul, de pondération et surtout d’interprétation. On évite donc les confusions, mais l’inconvénient est de taille : on ne traite à chaque fois que d’un seul et petit aspect de l’attractivité d’un territoire, ou de son développement durable, dont il est difficile de savoir l’exacte importance.

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• L’indice simple à l’épreuve des critères de l’IFEN

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En les comparant aux critères de l’IFEN, les indices simples présentent à peu près les atouts et les limites inverses à ceux des indices composites. En effet, ils évitent toutes les critiques liées à l’imbrication, la hiérarchisation et la pondération des variables, ce qui améliore leur niveau de robustesse, qui demeure cependant imparfait, puisqu’un choix a été fait dès le départ, celui de ne considérer qu’un seul indicateur. Leur pertinence vis-à-vis des acteurs demeure intéressante, puisqu’un chiffre final est également proposé, ce qui permet, de la même manière que précédemment, une bonne comparabilité. Et s’il n’informe pas sur la globalité du phénomène du développement durable, l’information qu’il procure n’en est pas moins pertinente (par exemple, il peut être très intéressant pour un gouvernement de connaître l’indice Greendex afin de cerner l’attitude des citoyens). Mais la pertinence vis-à-vis du sujet est faible : en effet, ce type d’indice ne couvre, délibérément, qu’un petit aspect du sujet. Enfin, concernant la transparence et la mesurabilité, les commentaires sont les mêmes que pour les indices composites. Concernant le dernier critère, notons l’exception du Greendex, pour lequel National Geographic et Globescan récoltent leurs propres données à l’aide d’une enquête : dans ce cas, la mesurabilité n’est guère critiquable, du moins en ce qui concerne la fiabilité et la régularité du calcul (le sondage doit être conduit chaque année). La plus ou moins bonne mesurabilité dépend ensuite de la qualité des données : si la taille de l’échantillon est correct (17 000 consommateurs interrogés [13][13] http://www.nationalgeographic.com/greendex/index.h...), nous ne pouvons l’évaluer dans sa globalité.

2.1.3 - Tableaux de bord

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La méthodologie des tableaux de bord paraît répondre aux critiques adressées aux deux types d’indices. Il s’agit alors d’une présentation de l’attractivité ou du développement durable sous forme de liste d’indicateurs, regroupés en thèmes. Cette technique consistant à compiler ou à classer une série d’indicateurs constitue une approche répandue pour aborder des questions générales telles que celles du développement durable ou de l’attractivité. Méthodologiquement parlant, c’est la formule la moins critiquable, car elle présente les différents aspects de l’attractivité sans leur attribuer de poids respectifs, et ne les fusionne pas de manière à obtenir un seul indice. L’information est globale sans être trop synthétique, l’interprétation s’en trouve donc moins ambigüe qu’avec les autres méthodes. En revanche, elle n’est pas simplifiée, car il faut s’intéresser à tous les thèmes pour comprendre l’attractivité d’un territoire, et en tirer les conclusions finales soi-même : les tableaux de bord souffrent de leur hétérogénéité (Commission Stiglitz, 2009). Ils ont ainsi une apparence absconse et plus difficilement interprétable globalement, et sont de ce fait moins repris, connus et médiatiques que les autres formes d’indicateurs d’attractivité. De plus, le nombre de variables étant trop important, un suivi complet et pertinent du tableau de bord dans son ensemble parait, de ce fait, impossible : c’est comme si une centaine de signaux donnaient simultanément une information différente et importante, et qu’il fallait tout surveiller en même temps ! Et puisqu’il est impossible d’étudier tous les critères du tableau de bord, chacun peut alors choisir de mettre en relief les variables qui lui conviennent le mieux, jugées comme les plus pertinentes selon un point de vue particulier. Autrement dit, le tableau de bord, du fait de l’abondance d’informations qu’il procure et de sa difficulté d’interprétation, est non seulement un délicat guide politique, mais il peut devenir un outil accommodant, dans le sens où le décideur peut l’interpréter à sa façon.

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• Les tableaux de bord à l’épreuve des critères de l’IFEN

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Au niveau de la pertinence, vis-à-vis du sujet, comme cela vient d’être souligné, les tableaux de bord semblent adaptés, du fait qu’ils représentent très bien le phénomène du développement durable, ou de l’attractivité, dans leur ensemble, et l’évolution de chacun des indicateurs est visible. A l’inverse des indices simples, ils s’efforcent de traiter tous les aspects du sujet, et contrairement aux indices composites, ils ne perdent pas de leur pertinence en imbriquant les données. En revanche, pour ce qui est de la pertinence vis-à-vis des acteurs, ils pèchent, car il est beaucoup moins accessible de lire et comprendre un tableau de bord que regarder une note globale, simple et compréhensible par tous, et d’autant plus difficile de comparer les territoires d’après cette lecture. On peut cependant considérer la méthode des tableaux de bord comme un peu plus transparente que les autres, du fait que, n’agglomérant pas les données et ne les pondérant pas, il ne peut exister d’ambigüité dans l’interprétation des résultats.

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Ainsi, au regard des critères de qualité établis par l’IFEN (2008), la méthodologie des tableaux de bord apparait comme la plus pertinente.

Magnolia Think Kombi Sabots 37 Noir Schwarz Femme 282325 Bluza 00 Pink xZRXCw2.1.4 - Deux types de sources de données

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Quelles que soient leurs formes, les indicateurs utilisent deux types de source : les statistiques issues de données administratives et les statistiques issues d’enquêtes. Comme cela a été évoqué précédemment, les données statistiques administratives sont issues d’organismes reconnus et sont donc assez robustes, le problème majeur étant l’absence de données, à laquelle on est souvent confronté lorsqu’il s’agit de PVD ou PMA. Il est parfois difficile de décrire des notions complexes telles que l’attractivité et le développement durable avec pour seul outil des chiffres, et c’est là toute l’utilité des enquêtes. Celles-ci constituent le moyen idéal de décrire un fait perçu et des représentations mentales : les concepts et les phénomènes. Ceci étant, les enquêtes ont de nombreuses limites : elles introduisent inévitablement un biais de subjectivité, et les réponses peuvent être différentes suivant la formulation des questions (Berg et Cazes, 2007). Il est clair que les deux approches sont très intéressantes et s’enrichissent l’une l’autre, les enquêtes permettant souvent de recueillir des données impossibles à obtenir de manière administratives. Le rapport Stiglitz fait la même constatation et préconise ainsi que la qualité de la vie doit être mesurée par des mesures chiffrées et administratives (concernant la santé, l’éducation, etc.) mais complétée par des mesures de bien-être subjectif mesurés à l’aide d’enquêtes (Commission Stiglitz, 2009). La plupart des indicateurs composites et tableaux de bord combinent ainsi les deux méthodes.

2.2 - Le problème de l’interprétation et de l’usage politique

Chaussures Professional Dansko Cuir Femmes Blue Cuir Femmes Médicaux Box Dark Professional Dansko xTEBUw0SBq2.2.1 - Quelles sont les possibilités et les priorités d’amélioration ?

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Enfin, pour en finir quant à l’analyse des indicateurs, il convient d’évoquer leur performance politique, c’est-à-dire si ceux-ci permettent d’identifier les priorités d’action à mener pour améliorer l’efficacité d’un territoire en matière d’attractivité ou de développement durable. Les pays, les territoires, obtiennent une note et un classement de leur attractivité et de leur niveau de développement durable, mais que peuvent-ils en faire ? Quelles sont leurs possibilités d’amélioration ? Et surtout, quelles doivent être les priorités d’action ? C’est là l’une des carences majeures de ces indicateurs : en effet, si l’on améliore une variable (par exemple, développer l’énergie éolienne améliore une variable type « énergie renouvelable »), on risque d’en détériorer une autre (dans le cas de notre exemple, la variable « biodiversité », entre autres), et rien n’indique ce qu’il faut privilégier. Améliorer tel ou tel indicateur provoque souvent la détérioration d’un autre : c’est l’effet de vases communicants. Pour hiérarchiser l’importance des différentes variables, il existe bien les pondérations, utilisées pour construire les indices composites, mais celles-ci sont contestables, cela a été souligné tout à l’heure, et que faire si elles sont identiques ? Beaucoup d’indices, et la plupart des tableaux de bord, incluent un thème gouvernance dans leur approche, directement relié à la politique menée par le gouvernement, mais ceci ne représente qu’une partie de ce qui fonde les indicateurs, et n’informe en rien sur les actions à mener pour améliorer les autres volets, ni sur ce qu’il faut privilégier.

2.2.2 - Qu’est-ce qu’un bon score ?

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De plus, pour certains indicateurs, il est difficile de savoir s’il est préférable qu’il soit élevé ou faible, et le décider révèle une croyance idéologique : c’est le critère de clarté normative, évoqué par Perret (2002). Si l’on prend l’exemple du Doing Business de la Banque Mondiale, l’indice « Embauche des travailleurs », qu’il utilise, a pour hypothèse sous-jacente que, plus il y a de réglementation, plus cela va être rédhibitoire pour une entreprise, et en aucun cas, il ne tient compte des externalités positives de la réglementation du travail, c’est-à-dire, entre autres : la réduction des inégalités, de l’insécurité et des conflits sociaux, ou encore l’encouragement des entreprises à déployer des stratégies de management performantes (Berg et Cazes, 2007). Ainsi, le niveau de salaire minimum, ou son existence même, est-ce positif ou négatif en matière d’attractivité ? En effet, fixer un salaire minimum fausse le marché du travail, risque de créer du chômage, et à ce titre, on peut dire que cela constitue un frein à l’implantation d’une entreprise. Cependant, cet effet négatif peut être largement compensé par l’effet positif qu’engendre un salaire minimum sur la productivité du travail (Berg et Cazes, 2007). Existerait-il alors un salaire minimum optimal ? Et si tel était le cas, il y aurait sûrement autant de salaires minimums optimaux que de pays étudiés… Aucun indice d’attractivité ne pose de telles questions. La Banque Mondiale, dans le Doing Business, considère ainsi que le salaire minimum est uniquement une charge pour l’entreprise : cette considération est parfaitement arbitraire. De telles controverses apparaissent également concernant les indicateurs de développement durable. Un exemple typique est celui du taux de fécondité : est-il mieux qu’il soit élevé ou faible ? Les pays développés, confrontés au problème du vieillissement de leurs populations, répondront en masse qu’ils voudraient que celui-ci augmente. Mais quel sera l’avis de pays confrontés à une pression démographique problématique, tels que la Chine ou l’Inde ? Leurs politiques menés à cet égard prouvent à quel point ils veulent maîtriser le taux de fécondité. Concernant le volet social du développement durable, peut-être vaut-il mieux un taux de fécondité élevé, pour permettre une durabilité des systèmes de retraites, mais en matière de durabilité environnementale, il serait préférable de maîtriser l’accroissement démographique… (Commission Stiglitz, 2009). On ne saurait donc dire, de manière globale, si le taux de fécondité doit être élevé ou faible, et quand bien même, il faudrait a priori définir ce qu’est un taux faible et un taux élevé. Il faut donc être très prudent quant à l’interprétation des indices de manière générale et de manière particulière pour certains indicateurs précis, et une véritable réflexion doit être menée par des gouvernements qui voudraient voir, dans les indicateurs, des priorités d’action et des progrès à réaliser.

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Il n’existe donc pas d’indicateur parfait, assez complet et exempt de critique méthodologique. Selon qu’il se présente sous forme d’indice composite, d’indice simple ou de tableaux de bord, il présente des intérêts et des limites, différents selon l’approche. Il appartient simplement au lecteur d’être prudent quant à l’interprétation des résultats, car chaque méthode a des finalités qui lui sont propres, ce qui rend l’utilisation des résultats à chaque fois différente. Finalement, les différentes formes d’indicateurs d’attractivité ou de développement durable sont complémentaires, et appropriées à diverses problématiques.

3.1 - De l’intérêt d’un indicateur d’attractivité durable

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Il est intéressant de constater que les critiques sur les indicateurs d’attractivité et de développement durable peuvent être traitées ensemble, comme cela vient d’être fait. Dès lors, il semble que rapprocher ces deux types d’approches de « notation » des territoires les enrichirait l’une l’autre. En effet, tout comme le monde des économistes s’accorde à dire que le PIB ne suffit pas à mesurer la véritable richesse d’un pays (Commission Stiglitz, 2009), la mesure de l’attractivité ne peut plus se réduire à des seules variables économiques, ou du moins à une forte dominance de celles-ci. Tout comme le développement économique se doit aujourd’hui d’être durable, et donc de prendre en compte la qualité de la vie et l’environnement (Commission Stiglitz, 2009), on doit aujourd’hui aller vers un indicateur d’attractivité durable. Cette démarche ne serait pas nécessaire si le développement économique avait un lien automatique vers une meilleure qualité de vie et le respect de l’environnement, mais ce n’est pas le cas. Cela peut être illustré par le fait que les indicateurs d’attractivité et les indicateurs de développement durable ne classent pas les mêmes pays comme « bons » ou comme « mauvais ».

3.2 - Les classements des pays en matière d’attractivité et de développement durable divergent

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Ainsi, comme l’illustre l’annexe 2, il y a une forte différence entre les meilleurs pays en termes de développement durable et les meilleurs en termes d’attractivité. Pour mettre ceci en évidence, un échantillon de 30 pays a été choisi, et ceux-ci ont été classés en fonction de leur position selon divers indicateurs d’attractivité (tableau 3) et d’autres indicateurs de développement durable (tableau 4). L’annexe 2 met alors en évidence les différences entre les deux types de classement. On peut y voir que de manière générale, les pays développés chutent en passant du classement en matière d’attractivité à celui relatif au développement durable : par exemple, les Etats-Unis, classés premier au WCY, perdent 15 places si l’on considère l’Épargne Véritable, 16 au classement ESI, et même 28 si l’on parle d’Empreinte Écologique ! En revanche, et toujours selon une tendance générale, les PMA ou PVD sont meilleurs en termes de développement durable que d’attractivité. Ainsi, l’Afrique du Sud, pays peu attractif, a une faible empreinte écologique, ou la Chine, classée 16e au WCY, se retrouve 1re en termes d’Épargne Véritable. Notons tout de même, que pour certains pays, comme l’Allemagne, la France ou les Pays-Bas, on trouve une certaine constance dans les classements. Nous pouvons ici utiliser le coefficient de Spearman, qui indique le degré de liaison existant entre le classement des pays selon l’attractivité et leur classement selon le développement durable (annexe 2, tableau 6). Analysons par exemple les classements relevant du WCY et de l’Empreinte Écologique : le coefficient de corrélation de -0,45 est significatif, ce qui révèle une relation négative entre les performances en termes d’attractivité et celles en termes de développement durable. Ceci va dans le sens de ce qui a été remarqué précédemment : de manière générale, plus les pays sont développés (donc, globalement, attractifs), plus leurs empreintes écologiques ont de chance d’être mauvaises.

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Toutes ces différences ne sont pas étonnantes dans le sens où, parfois, les indicateurs mesurent des phénomènes très différents, voire même opposés. En effet, il n’est pas surprenant qu’un pays sous-développé possède, de ce fait, une attractivité faible, et dans le même temps, une faible empreinte écologique : l’activité dans ce pays va être très restreinte, et donc le « besoin » en ressources naturelles moindre, tout comme les pollutions, qu’elles soient domestiques ou industrielles. Le rapprochement entre attractivité et développement durable semble donc pertinent, il permettrait ainsi d’englober totalement les quatre pôles du développement durable (économie, social, environnement, culture), qui ont tous leur importance dans l’attractivité.

3.3 - La méthodologie optimale : un léger tableau de bord complété par un indice composite

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Techniquement parlant, si l’on se réfère à nos analyses critiques précédentes, l’indicateur d’attractivité se présentera, de préférence, sous forme de tableau de bord. En effet, selon les critères de l’IFEN (2008), cette approche présente le plus grand nombre de qualités. Contrairement à l’indice simple, cette démarche est holistique et complète, elle permet une vision globale du phénomène de développement durable. Elle présente l’importante qualité scientifique de ne pas utiliser de conversion ni de pondération des variables, ce qui est le cas des indices synthétiques. Elle permet de comparer des territoires entre eux, mais sur des thèmes précis ou plus généraux, jamais dans la notion globale. Pour ceci, il peut être intéressant de compléter le tableau de bord par un indicateur composite et cela permettrait à l’indicateur d’améliorer sa performance en matière de lisibilité. Les indices composites sont en effet une manière de contourner le problème que pose la grande richesse des tableaux et de synthétiser les informations abondantes et censément pertinentes en un chiffre unique (Commission Stiglitz, 2009). Mais il s’agirait alors de trouver un agrégateur cohérent. Plusieurs pistes sont à explorer : la méthode d’agrégation pourrait reposer sur un modèle d’équilibre général calculable (voir notamment Kretschmer et Peterson, 2008 ; Le Cacheux et Touzé, 2002) ou sur une approche multicritère (voir notamment Arrow et Raynaud, 1986 ; Fleurbaey et Gaulier, 2007 ; Munda, 2007). L’indicateur devra également être clair dans ses buts et ses finalités. Il doit permettre d’analyser les points forts et les points faibles d’un territoire en matière d’attractivité durable, mais également aider les décideurs à faire progresser le territoire : un véritable plus serait de mettre en lumière les priorités d’actions, ceci constituant une des limites, à la fois des tableaux de bord et des indices composites. Pour faire face à ce problème de multitude de variables, il semble nécessaire de construire un léger tableau de bord, avec un petit nombre d’indicateurs. Dans un second temps, il s’avérerait judicieux que le contenu du tableau de bord ait une déclinaison (par exemple : axes, thèmes et sous-thèmes). Concernant les données, il parait pertinent de combiner des sources statistiques et des données issues d’enquêtes, les deux approches ayant leur intérêt et se complétant. Enfin, notons que l’indicateur doit être mesurable, et il serait intéressant qu’il le soit à l’échelle régionale, qui parait être un échelon territorial intéressant en matière de développement durable.

64

Au niveau conceptuel, comme cela a déjà été souligné, l’indicateur d’attractivité durable doit englober les trois, voire quatre, pôles du développement durable. Ainsi, dans ce tableau de bord, devront être évoqués le bien-être des hommes (pôle social, pôle économie et pôle culture), l’attractivité du territoire (pôle économie principalement) et la durabilité du développement (pôle environnement).

65

Chaque année, les territoires, généralement les Etats, font l’objet de classements qui ont plus ou moins d’écho, relayés par les médias, les citoyens ou les décideurs. Les indicateurs d’attractivité se sont développés avec l’accélération de la mondialisation, à l’heure où les pays se doivent d’attirer un maximum d’entreprises venant du monde entier. Ainsi, ce type d’indicateur, devenu mesure de santé économique, répondant aux attentes (vis-à-vis d’un sujet pertinent, et d’un public tel que les gouvernements ou les chefs d’entreprises), s’est multiplié et il en existe beaucoup, tous différents et intéressants, chacun présentant des atouts divers. Parallèlement, mais plus récemment, se sont développés de multiples indicateurs de développement durable, depuis la prise de conscience générale lors de la Conférence de Rio en 1992. Aujourd’hui, il est impossible de dissocier le phénomène de mondialisation et de développement durable : en témoignent, entre autres, le changement climatique et les crises économiques et financières. C’est pour cette raison qu’il parait très intéressant de rapprocher les deux types d’indicateurs, de les confronter pour n’en faire qu’un seul : un indicateur d’attractivité durable. Qui ne serait d’ailleurs pas unique, mais se présenterait plutôt sous la forme d’un tableau d’indicateurs, complété par un indice composite, puisqu’il s’agit de tirer le meilleur des indicateurs existants. En effet, en faisant le bilan des indicateurs existants, d’attractivité et de développement durable, de leurs atouts et handicaps respectifs, il en ressort que l’indicateur d’attractivité durable idéal se présenterait sous forme de tableau regroupant un petit nombre d’indicateurs, mettrait en évidence les points forts et les points faibles du territoire, permettrait aux décideurs de choisir des actions à mettre en place et serait adaptable au niveau régional. Pour être encore plus pertinent, notamment au niveau de la comparabilité, il serait judicieux de compléter ce tableau de bord par un indice composite, suivant une méthode novatrice d’agrégation. Concernant les données, il semble intéressant de combiner données statistiques et données issues d’enquêtes. Enfin, et c’est fondamental, le tableau de bord devra englober les quatre pôles du développement durable : économie, social, environnement et culture.

66

Une dimension planétaire

67

Un débat plus large mériterait également d’être lancé concernant la dimension planétaire d’une telle problématique –indicateurs, développement durable et attractivité. En effet, concernant notamment le volet environnement du développement durable, certaines variables doivent être mesurées globalement, comme le réchauffement climatique, alors que d’autres s’évaluent nationalement, voire plus localement (la qualité de vie, de l’air, de l’eau, etc.). Parfois même, ce n’est pas le pollueur qui est pollué : par exemple, le réchauffement climatique est un phénomène planétaire, provoqué notamment par les émissions de CO2, produites inégalement par les différents pays, et pourtant, ce ne sont pas forcément les plus pollueurs qui subissent le plus les conséquences du changement climatique (Commission Stiglitz 2009). L’attractivité doit également être réfléchie de manière globale. La question est la suivante : doit-on voir seulement dans le phénomène d’attractivité la capacité à attirer les investissements sur son territoire plutôt que sur un autre, ou également considérer que chacun peut augmenter son potentiel de croissance sans nuire à celui des autres (Hatem et Mathieu, 2007) ? L’attractivité, notion relative comme cela a été expliqué, peut également être vue comme un jeu coopératif. Le lien avec le développement durable est évident lorsque l’on considère que la coopération peut prendre la forme d’une association entre attractivité et « bonnes pratiques » (Hatem et Mathieu, 2007).


Annexe

68

AFII : Agence Française pour les Investissements Internationaux

70

CNUCED/UNCTAD : Conférence des Nations Unies pour le Commerce et le Développement / United Nations Conference on Trade and Development

71

ESI : Environmental Sustainability Index / Indice de Soutenabilité Environnementale

72

GFN : Global Footprint Network

73

IAURIF : Institut d’Aménagement et d’Urbanisme de la Région Île-de-France

75

IBE : Indice de Bien-être de l’Ecosystème

76

Caprice Nappa Noir Escarpins 22400 22400 Black Caprice Femme IBH : Indice de Bien-être Humain

77

IDE : Investissements Directs à l’Etranger

78

IDH: Indice de Développement Humain

79

IFEN : Institut Français de l’Environnement

80

IMD: International Institute for Management D evelopment

81

IPH: Indice de Pauvreté Humaine

82

IPF : Indice de Participation des Femmes

84

OCDE/OECD : Organisation de Coopération et de Développement Economiques / Organisation for Economic Co-operation and Development

85

ONU/UN : Organisation des Nations Unies / United Nations

87

PMA : Pays les Moins Avancés

88

PVD : Pays en Voie de Développement

89

PNUD/UNDP: Programme des Nations Unies pour le Développement / United Nations Development Programme

90

UE : Union Européenne

91

WCY: World Competitiveness Yearbook

92

WEF: World Economic Forum

93

WIR: World Investment Report

94

WWF: World Wildlife Fund


Tableau 1 - Les indicateurs d’attractivité
Tableau 2 - Les indicateurs de développement durable

Tableau 3 - Classement d’un échantillon de pays selon divers indicateurs d’attractivité
Entrainement New Running Chaussures Multicolore 574 Copper de Balance Homme q4wFR4zX7Blanc Chaudes de air Bottes de plein Femme Antidérapant Martin Hishoes 47 Imperméable Lacets Neige Chaussures Noir Homme Botte 36 wUxq0BTableau 4 - Classement d’un échantillon de pays selon divers indicateurs de développement durable
Tableau 5 - Comparaison, sur un échantillon de pays, de leur performance selon les indicateurs d’attractivité et les indicateurs de D.D.

Les pays surlignés en gris clair et en en gris foncé présentent un écart conséquent entre leur classement en termes d’attractivité et développement durable, les premiers étant nettement mieux classés en matière d’attractivité, les seconds en matière de développement durable. En gras les pays pour lesquels la différence est minime, en italique ceux pour lesquels les classements sont les mêmes ou presque, à plus ou moins un rang près

Tableau 6 - Comparaison, sur un échantillon de pays, de leur performance selon l’indicateur d’attractivité « WCY » et l’indicateur de D.D. « Empreinte Ecologique »
G69 à Blau Bleu Chaude Femme Carla Marine Gant Chaussons Doublure TvwHWqz

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  • Yale Center for Environmental Law and Policy, Centre for International Earth Science Information Network Columbia University, World Economic Forum, Joint Research Centre European Commission, 2005, The 2005 Environmental Sustainability Index Report.

Notes

[1]

Commission sur la Mesure de la Performance Economique et du Progrès Social – mise en place en France en 2007 et présidée par J.Stiglitz et A. Sen, dans la suite désignée par : Commission Stiglitz, 2009.

[2]

L’auteur a choisi de conserver la traduction « Indice de misère fiscale » pour la tournure anglophone originale « Tax Misery Index » exprimée par Forbes. Celle-ci est en effet couramment réalisée, notamment par le journal « Les Echos », et elle exprime bien l’idée selon laquelle Forbes considère la taxation comme un handicap sans nuance pour l’attractivité d’un territoire.

[10]

Les deux approches s’intéressent à la soutenabilité du développement à travers le maintien d’un stock de capital, mais les conditions de soutenabilité ne sont pas les mêmes. Lorsque l’on parle de soutenabilité faible, l’exigence est le maintien ou l’augmentation du stock global de capital de manière global, et l’on peut substituer les trois types de capitaux (capital humain, capital naturel, capital technique). En revanche, lorsque l’on parle de soutenabilité forte, des limites sont posées à une telle substituabilité : on considère alors que son capital naturel, le capital humain et le capital technique n’ont plus lieu d’être.

[11]

Le concept de résilience renvoie au fait qu’il faut maintenir un certain niveau de ressources naturelles pour que l’écosystème soit en capacité à se régénérer et à retrouver son équilibre après des chocs (Commission Stiglitz., 2009).

[12]

Notons à ce propos que l’empreinte écologique est sujet à débat : s’il parait un bon indicateur de soutenabilité environnementale (voir notamment Boutaud et Gondran, 2009, et Commission Stiglitz, 2009), il connait également bon nombre de limites (IFEN, 2008), on lui reproche notamment de ne pas être exclusivement un indicateur physique des pressions sur l’environnement (Commission Stiglitz, 2009)

Résumé

Français

Dans un contexte de crise économique mondiale, doublée d’une crise écologique, l’attractivité des territoires est plus que jamais d’actualité : les pays développés cherchent à soutenir au maximum les entreprises et éviter les délocalisations. Dans le même temps, les gouvernements doivent composer avec les pressions citoyenne et scientifique qui invitent à prendre en compte, de plus en plus, au cœur d’un système capitaliste, le bien-être des individus et l’environnement. Pour ces raisons, il paraît intéressant de rapprocher les mesures d’attractivité des territoires et de développement durable. Cependant, ces mesures sont imparfaites, et avant tout, il convient de faire un bilan de celles-ci, de leurs atouts et de leurs limites. Au préalable nous discuterons du rapprochement des notions d’attractivité et de développement durable, puis les indicateurs d’attractivité et de développement durable seront décrits et il sera expliqué de quelle façon ils peuvent être évalués (partie 1). Les méthodologies de construction seront alors analysées (partie 2). Enfin, il sera étudié comment l’on pourrait construire, idéalement, un indicateur d’attractivité durable (partie 3).

Mots-clés

  • indicateurs
  • attractivité
  • développement durable
  • indices synthétiques
  • tableaux de bord
  • territoires

English

Survey of attractiveness and sustainable development indicators Towards an indicator of sustainable attractivenessIn this context of global economic crisis, coupled with an ecological one, attractiveness of the region is more topical than ever, but at the same time, governments must deal with citizen and scientist pressures about well-being of individuals and the environment. Because of this, it seems interesting to compare measures of attractiveness of territories and sustainable development and build a new one, an indicator of sustainable attractiveness. In introduction, we connect both concepts of sustainable development and attractiveness. Then, indicators of attractiveness and indicators of sustainable development are described and we discuss how they can be assessed (Part 1). Next, methods of construction are analyzed (Part 2) and we finally examine how we could build, ideally, an indicator of sustainable attractiveness (Part 3).
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Keywords

  • indicators
  • attractiveness
  • sustainable development
  • composite index
  • dashboard
  • Nappa Caprice Escarpins Noir Caprice Femme 22400 22400 Black territories

Plan de l'article

  1. 1 - État des lieux des indicateurs existants et des méthodes d’évaluation
    1. 1.1 - Les indicateurs d’attractivité
      1. 1.1.1 - Indicateurs simples
      2. 1.1.2 - Indices c omposites
      3. 1.1.3 - Tableaux d’indicateurs
    2. 1.2 - Les indicateurs de développement durable
      1. 1.2.1 - Indices composites
      2. 1.2.2 - Tableaux de bord du développement durable
      3. 1.2.3 - Indice simple
    3. 1.3 - Évaluer les indicateurs
      1. 1.3.1 - Qu’attend-on d’un indicateur ?
      2. 1.3.2 - Comment mesurer la qualité d’un indicateur ?
      3. 1.3.3 - Les critères de l’IFEN (2008) comme référence
  2. 2 - Analyse méthodologique critique
    1. 2.1 - Analyse par type de construction
      1. 2.1.1 - Indices composites
      2. 2.1.2 - Indices simples
      3. 2.1.3 - Tableaux de bord
      4. 2.1.4 - Deux types de sources de données
    2. 2.2 - Le problème de l’interprétation et de l’usage politique
      1. Caprice Nappa Femme Escarpins Black 22400 Noir 22400 Caprice 2.2.1 -Quelles sont les possibilités et les priorités d’amélioration ?
      2. 2.2.2 - Qu’est-ce qu’un bon score ?
  3. 3 - Vers un indicateur d’attractivité durable ?
    1. 3.1 - De l’intérêt d’un indicateur d’attractivité durable
      1. 3.2 - Les classements des pays en matière d’attractivité et de développement durable divergent
    2. 3.3 - La méthodologie optimale : un léger tableau de bord complété par un indice composite
  4. 4 - Conclusion

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22400 Caprice Femme Escarpins Caprice Nappa 22400 Noir Black vq5RwnE 22400 Caprice Femme Escarpins Caprice Nappa 22400 Noir Black vq5RwnE 22400 Caprice Femme Escarpins Caprice Nappa 22400 Noir Black vq5RwnE 22400 Caprice Femme Escarpins Caprice Nappa 22400 Noir Black vq5RwnE 22400 Caprice Femme Escarpins Caprice Nappa 22400 Noir Black vq5RwnE 22400 Caprice Femme Escarpins Caprice Nappa 22400 Noir Black vq5RwnE
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